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Selon les années, célébrer la Convention relative aux Droits de l’enfant peut sembler bien dérisoire. L’état du monde en ce mois de novembre 2024 n’est certainement pas le plus propice aux effusions, entre autres pour celles et ceux qui défendent les droits humains.
Bien sûr, des progrès surgissent çà et là : la Colombie vient d’interdire le mariage des enfants, l’Australie veut interdire l’usage des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, la Chine a mis fin à son programme d’adoption internationale. La liste pourrait s’allonger, mais elle ne dépassera pas celle des mauvaises nouvelles. Si les causes à l’origine des ces dernières sont multiples et complexes, un angle « puérocentré » (et totalement partial) pourrait résonner avec le thème du jour. La question que je me suis posée est la suivante : est-ce que l’enfance des actuels « maîtres du monde » pourrait, dans une certaine mesure, « expliquer » leurs propensions respectives à la haine et à la violence ?
Premier essai avec Trump : en tapant « Trump childhood » sur un moteur de recherche, la 3ème occurrence titre « Donald Trump is the product of abuse and neglect ». Son vice-président JD Vance ? « Vance has written that his childhood was marked by poverty and abuse, and that his mother struggled with drug addiction ». Pour Putin, la seconde occurrence renvoie à : “From chasing rats to blood baths: how Putin’s childhood shaped his leadership », un article qui décrit une enfance de misère avec des parents traumatisés par la guerre. Pour Musk, on tombe rapidement sur sa biographie qui parle de « traumatic childhood in Apartheid South Africa ». Quant à Xi Jinping, « everything we know about the Chinese president’s childhood is terrifying ».
L’exercice peut prêter à rire (un peu), si l’on imagine ces hommes aujourd’hui si puissants lorsqu’ils étaient des petits garçons mal-aimés, se forgeant confusément la conviction d’être les plus forts quand ils seraient grands. Mais si l’hypothèse n’est que conjecture, il ne fait guère de doute que s’ils avaient grandi « dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension » (préambule de la Convention), si leurs droits à la protection avaient été mieux respectés, les choses auraient certainement tourné autrement pour eux. Et pour le monde.
La Convention relative aux Droits de l’enfant fête cette année ses 35 ans, et, rappelons-le, la Déclaration de Genève ses 100 ans. Elles sont porteuses de promesses et constituent des outils essentiels grâce auxquels nos sociétés peuvent, et doivent, mettre en place tous les instruments nécessaires au respect des enfants et de leurs droits. Reconnaître les droits de l’enfant, ce n’est pas la perte du pouvoir de l’adulte sur l’enfant, c’est préparer l’enfant à exercer son pouvoir d’Homme de manière juste et sensée.
Illustration : Boston Public Library, unsplash.com
