Célébrons la Convention

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La GenZ (Génération Z) regroupe grosso modo les personnes nées entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010, qui ont donc entre 15 et 30 ans aujourd’hui. Tombés dans le numérique lorsqu’ils étaient petits, ces jeunes ont grandi avec un smartphone greffé à la main. Souvent raillée, parfois dénigrée, cette génération est souvent présentée comme individualiste et superficielle.

En jetant un coup d’œil aux évènements qui ont marqué la planète depuis le dernier anniversaire de la Convention, on constate cependant que de nombreuses jeunesses dépitées ont quitté le fond de leur canapé pour aller faire la révolution. En l’espace d’une année, plusieurs pays ont en effet vu surgir des mouvements contestataires portés par la génération Z. Les plus violents ont eu lieu au Népal et ont conduit à la démission d’un gouvernement notoirement corrompu. A Madagascar, la contestation a également fait tomber le gouvernement. Les manifestants protestent au Maroc contre la dégradation des services publics, au Mexique contre l’insécurité et la corruption, tout comme au Pérou et en Serbie. En 2024, au Sri Lanka, le président et son gouvernement ont été mis à la porte, idem pour la Première Ministre du Bangladesh. Des manifestations ont également eu lieu au Kenya et au Nigeria.

Les modes opératoires présentent toujours les mêmes caractéristiques : massivement diffusés sur les réseaux sociaux, les messages de protestation, souvent soutenus par des montages vidéo percutants, dénoncent la corruption, le manque de perspectives professionnelles, les difficultés du quotidien des populations face au gaspillage des ressources publiques, etc. Ces vagues de révolte entraînent avec elles des pans plus larges de la société et se transforment parfois en émeutes.

La spontanéité a toutefois son revers : faute de mouvement structuré, de programme et de leader, ces mouvements ne sont pas conçus pour durer et porter des changements structurels. Ils n’en sont pas moins efficaces lorsqu’il s’agit de déboulonner des leaders supposés intouchables. Ils nous rappellent aussi les élans des « Jeunes pour le climat » qui, il y a quelques années, avaient su faire du bruit en Suisse, mais en restant beaucoup plus sages.

Ralliée sous la bannière de « One Piece » (le manga le plus vendu au monde, qui raconte des histoires de pirates justiciers, d’où le drapeau à tête de mort affublé d’un chapeau de paille), cette jeunesse mondialisée a valeur d’exemple, en démontrant que les jeunes générations ont su développer de nouveaux contre-pouvoirs avec lesquels il s’agira de compter. Il ne lui manque plus qu’à intégrer les droits de l’enfant dans ses revendications, dès qu’elle aura compris qu’ils sont autant un but qu’un moyen… révolutionnaires.

Photo: Visual Karsa (unsplash.com)